Contre toute attente, les taux d’intérêt continuent leur douce descente, entamée à la rentrée 2017. C’est ainsi qu’il était possible, en octobre, d’emprunter à 1,60% sur vingt ans et à 1,85% sur vingt-cinq ans, un niveau très proche des planchers de l’automne 2016. Principale cause de ce repli ? La concurrence, acharnée, que se livrent les banques. «La demande de financements, malgré une légère reprise au début de l’été, s’affiche en baisse, d’environ 10% sur un an.

En retard sur leurs objectifs commerciaux, la plupart des établissements ont donc décidé de baisser leurs prix», résume Cécile Roquelaure, porte-parole du courtier Empruntis. Cette course aux parts de marché ne devrait d’ailleurs pas ralentir de sitôt. De nouveaux prêteurs ne cessent en effet d’entrer dans le jeu, depuis les banques en ligne jusqu’à des établissements plus traditionnels, tels que Milleis Banque (ex-Barclays France).

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Premier bienfait de cette quête effrénée de nouveaux clients : il est à nouveau possible de s’endetter sur de très longues périodes, de trente ans, voire de trente-cinq ans, auprès d’établissements spécialisés comme le CFCAL. Preuve de cet assouplissement, selon L’Observatoire crédit logement, la durée moyenne des prêts s’est allongée de quatre mois depuis le début de l’année. Une façon pour les banques de conserver la clientèle aux revenus désormais trop modestes pour faire face à la hausse des prix de la pierre. Cerise sur le gâteau : le repli généralisé des taux concerne aussi ce type de financement.

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On peut donc à présent s’endetter à moins de 2% sur trente ans. Attention cependant , car même à ces conditions de tels prêts coûtent très cher. Dans les premières années, vous ne paierez presque que des intérêts, et n’amortirez que très peu de capital . C’est ainsi que, après dix ans de remboursement d’un emprunt de 200.000 euros négocié à seulement 1,75% sur trente ans, le capital restant dû s’élève encore à 144.000 euros ! En cas de revente après un retournement du marché immobilier, le risque est alors que cette somme à reverser à la banque excède la valeur du bien.

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Autre vertu de cette concurrence : les établissements ratissent désormais large et acceptent de prêter à des profils qui trouvaient jusqu’ici difficilement à se financer, à l’image des entrepreneurs. «Dans un tel cas, c’est surtout le compte professionnel qui intéresse le banquier !», résume Sylvain Lefèvre, président du courtier La Centrale de financement. Il faut dire que, à la différence des comptes de clients particuliers, ces comptes d’entreprise sont encore grassement facturés par les établissements. Autre profil chouchouté, selon Credixia : les professions libérales du droit et de la santé. Bref, comme le montrent nos six fiches (ci-dessous), quel que soit votre profil, vous devriez trouver une porte où frapper.